Les Poètes de la Montérégie

Plus de 28 ans de rencontres avec des amis de la poésie

Stéphanie Potvin

photo-StéphanieP

D’OMBRE ET DE LUMIÈRE

LE PLAISIR DE RÊVER

Je t’ai vu blessée aux rives du paradis,

Les épaules courbées sur les enfers,

Toi aux yeux d’or incandescent de prières,

Marchant seule sur le verre brisé de ta vie.

*

Je t’ai vu portant le fardeau de la guerre

Les épaules courbées sous ton épée,

Les yeux remplis d’amertumes esseulées,

Marchant abattue sur les chemins d’hier.

*

Tes ailes ont tracé des balafres sur ton dos,

Ta voix a dessiné des rivières sur mes joues,

Cette beauté pure m’a éblouie de soleil…

Mon cœur bat d’un premier amour.

*

Tes ailes ont creusé la terre de ta sépulture,

Ta voix a coloré un feu sur ma peau,

Cette beauté sauvage messagère de nuit…

Mon cœur chavire d’un premier baiser.

*

J’ai voulu t’arracher ces chaînes,

Ainsi te faire jalousement mienne,

Mais les ombres entêtées qui t’étreignent,

Feront à jamais de toi leur esclave.

*

J’ai voulu tuer cette tristesse qui t’érode,

Ainsi te garder précieusement dans ma lumière,

Mais les douleurs du passé qui t’enchaînent,

Feront à jamais partie de toi.

*

Malgré tout, notre amour sera libre,

Le temps sera notre seul maître,

Nos cœurs battant de ce premier amour,

Nos corps brûlants de ce premier baiser…

***

©Stéphanie Potvin

J’aime lorsque la nuit m’emporte,À l’aurore du silence qui accourt,

Guidée d’une berceuse frivole

loin de ma porte

Au-delà de l’existence des choses

trucs inutiles qui m’entourent

Enveloppée de nuages brumeux,

Et de vagues d’encres de chine,

Mon cœur se réjouit d’être libre,

parfaitement heureux

Sans frontières à l’imagination,

sans rose, ni épine

Que les cauchemars viennent,

Je les affronterai sans peur,

Sorcière des rêves se réveille,

forte comme une reine

Armée de lumière translucide,

d’éclats baignés de lueurs

Et quand le jour arrive sauvage,

Puis, lave mes draps à coup de soleil,

Il y reste toujours un parfum collé,

comme le sable aux rivages

À mon oreiller qui s’accroche encore

à la joie du sommeil

*

Stéphanie Potvin

MUSIQUE D’ÉTERNITÉ POÉSIE D’HIVER

Les mains des diables se tendent telles les cordes sur ta lyre,

Sa lumière écume aux rivages des sombres enfers.

La noirceur semble soudain ramper sous les draps de flammes,

Effrayée par la douceur de tes notes cristallines.

Si seulement le doute n’avait point… n’avait de poing,

Cette lueur aurait volée au-delà de l’incertitude,

Au lieu de nous voler l’espérance…

Le monde t’attend dehors. Moi aussi, je t’ai attendu.

Que le son glorieux de tes doigts caresse ces cordes divines,

Comme tes mains ont autrefois caressé mon corps.

Ne crains plus la peur et la mort lorsqu’elles t’étreignent,

Mais embrasse-les de ta lyre.

L’Éternité est vaste, et pourtant elle tremble en mes veines,

Souffle de vie à ta musique sur mon cœur…

Stéphanie Potvin

La poésie a mis son long manteau blanc,Elle se blottit dans les flocons de mille étoiles,

Assise calme et solitaire à l’écoute du vent,

Ses strophes rêvassent perdues dans le désert pâle,

La poésie, entre deux temps, pense aux poètes,

Qui la font rire, pleurer, vivre et danser,

Puis toute heureuse, elle sourit à la poudreuse tempête,

Ses longs cils d’encre de neige abreuvés,

Qu’elle est belle cette poésie d’hiver,

Marchant avec grâce sous les arbres de givre,

Alors que ses yeux, doux comme une musique légère,

Se sont posés en rimes sur les pages d’un livre…

Stéphanie Potvin

 

 

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