Les Poètes de la Montérégie

Plus de 30 ans de rencontres avec des amis de la poésie

Nicole Descôteaux

Nicole Descôteaux membre du cercle Les poètes de la Montérégie depuis 1996 nous a quittés. Avec Raymond Pilote, son compagnon, ils formaient la proue et la poupe de notre navire qui explore les mers de la poésie en Montérégie depuis maintenant 30 ans. Vice-présidente du cercle pendant plusieurs années, Nicole était toujours à toutes les œuvres. Ouvrez un recueil de poésie publié au Cercle depuis 1996 et vous y découvrirez immanquablement Nicole comme auteur ou comme maquettiste du volume. C’est donc à une quinzaine d’ouvrages de poèmes écrits par les membres auxquels elle a participé. Nicole a aussi publié dans une vingtaine de revues de poésie. Soulignons qu’elle a reçu trois prix d’excellence au Festival international de la poésie de Trois-Rivières et on ne sait pas ce qu’elle aurait pu décrocher d’autres si sa santé ne s’était pas détériorée. Elle m’avait dépêché pour aller chercher son dernier prix. Cela m’a donné l’occasion de constater dans quelle estime on la considérait au Festival de Trois-Rivières.

Voici un extrait des derniers vers du poème qui lui a valu son second prix :

quel est ce corps
qui borde l’âme ?

pourquoi tout ce noir
au-dedans et autour ?

je ferme les yeux
pour mieux basculer dans le bleu
du dessein qui m’englobe

depuis l’inexpliqué

Nicole a aussi publié d’autres recueils dont l’excellent Au-delà de la traversée suivi de Ciel à fleur d’onde (2010, 82 pages) dont voici les derniers vers.

J’émonde le passé
pour la survie du germe
entrainée

par un désir sous-jacent
de rejoindre une étoile

l’horizon s’éteint
au renoncement du jour

 palissent alors tous les soleils
dans les albums d’exil

la nuit émaille de tendresse
le geste inaltérable
de l’Amour

Il y aurait beaucoup à écrire sur les vers de Nicole Descôteaux. Je poserai simplement la question : pourquoi notre amie Nicole écrivait-elle depuis toujours cette poésie fine et profonde ? J’emprunterai une explication à Pierre Ouellet, un poète québécois qui s’est beaucoup penché sur l’écriture poétique. Ouellet dit qu’on écrit pour «vivre dans l’ombre de ce qu’on écrit». «Voilà ce qu’on cherche quand on écrit…parce que vivre ne suffit pas : une histoire, un visage, ce n’est jamais assez. Un seul destin, c’est comme n’en avoir aucun. On écrit pour s’en donner mille et un.» J’arrête ici la citation et je l’applique à Nicole Descôteaux qui a écrit tant et tant pour ouvrir des vies à travers les mots. Nicole existe vivante maintenant dans ses écrits et nous pouvons la retrouver en lisant ses poèmes. Les poètes cherchent toute leur vie par l’écriture de nouveaux chemins, de nouvelles vies.  Passez à la bibliothèque de Beloeil dans la salle des périodiques, une vitrine lui est dédiée.

Georges Beaulieu, février 2019

 

Réagissez